
Alexander Reid, fondateur de la distillerie Macallan, fait partie de ceux ayant fait de l’adversité, une opportunité. En ce début du XIXe siècle en Écosse, la situation économique n’est pas au beau fixe. Depuis le XVIIIe siècle, le gouvernement britannique, pour financer ses guerres et diminuer les dépenses publiques, impose des taxes importantes sur la production d’alcool. Devant ce fait, les Écossais décident, dans un mouvement de résistance et de fierté nationale contre les Britanniques, d’élaborer leur eau-de-vie de manière clandestine.

Au début du XIXe siècle, la situation se détend avec l’assouplissement des lois et la baisse des taxes sur l’alcool. Les distilleries cachées écossaises commencent alors progressivement à sortir de cette clandestinité. Instituteur et fermier produisant de l’orge, Alexander Reid demande et obtient une licence officielle auprès des instances britanniques pour la modique somme de 10 livres. En 1824, la distillerie The Macallan est créée, au cœur du Speyside, dans le domaine naturel d’Easter Elchies, à Craigellachie. Ici, chaque constituant est donné par une nature préservée. L’eau, un des éléments essentiels de la production de cette eau-de-vie, puise dans la rivière Spey sa pureté. L’orge provient des terres fertiles environnantes et l’air vif des highlands apporte la quiétude nécessaire à une maturation en douceur.
Dès le départ, son fondateur est persuadé que le whisky doit être autre chose qu’un « alcool de paysan » produit avec les moyens artisanaux dans des petites fermes à l’abri des regards, bien camouflés par les collines, les forêts et les îles isolées. Il a la volonté farouche de faire de ce distillat, une œuvre d’art ! Pour accomplir ce souhait, un dernier élément naturel, et non des moindres, complète cette équation subtile : le bois dont il convient d’exploiter au mieux les qualités. Elles sont au cœur même de la philosophie de The Macallan. « 80 % du caractère final de nos whiskies provient des fûts utilisés pour le vieillissement », explique la dynamique Anastasiia Semenova, Senior Brand Ambassador chez The Macallan, dans le salon feutré de la marque, rue d’Anjou, dans le 8e arrondissement de
Paris. « The Macallan revendique une palette aromatique et chromatique obtenue naturellement à 100 % à partir de cet élément donné par la nature. De ce mariage intime entre distillat et chêne naissent les couleurs chaudes, toujours naturelles, et les notes profondes de fruits secs, d’épices et de miel qui signent les différents flacons de The Macallan. Là où d’autres ajoutent des artifices, The Macallan ne fait qu’écouter le langage du bois », détaille Anastasiia Semenova.
La distillerie a ainsi développé, au fil des décennies, des partenariats étroits avec des tonneliers américains et européens. La barrique américaine apporte du fruité et des notes exotiques comme la noix de coco et la vanille. Le chêne européen ajoute une couleur plus ambrée au distillat. Mais la touche finale, si caractéristique des whiskies de The Macallan, provient de sa faculté à exploiter au maximum les qualités des fûts de sherry provenant de Jerez de la Fontera, en Andalousie. Ces derniers abritent un vin blanc muté ou fortifié, appelé aussi xérès, avant de recueillir le distillat écossais. Ce mariage donne avec le temps une âme délicate au produit fini.

Cette complexité unique des flacons de The Macallan est un joli terrain de jeu pour les chefs, toujours à la recherche de nouvelles expérimentations. Car le whisky peut aussi s’apprécier sur des mets. C’est ainsi qu’en 2024, pour son bicentenaire, la marque a collaboré avec la talentueuse cheffe française, trois étoiles au guide Michelin, Anne-Sophie Pic. « Lors de la dégustation, j’ai remarqué que ce whisky révèle et déploie une séquence d’arômes intenses aux notes boisées, de céréales toastées et de miel. Il est le fruit d’un travail de patience et de précision qui fait écho à mon processus créatif, que je nomme l’Imprégnation. Il était naturel de travailler ensemble, que ce soit sur des plats ou des desserts », relate Anne-Sophie Pic.


Cette volonté sans faille et omniprésente d’aller explorer de nouveaux axes de développement semble guider les pas de The Macallan. En 2018, une nouvelle distillerie comme nulle autre en Écosse et dans le monde, au coût total de 140 millions de livres sterling, a vu le jour. Un an plus tard, The Macallan a nommé Kirsteen Campbell au poste si important de Master Whisky Maker, faisant d’elle la première femme à occuper cette fonction. Elle incarne assurément une nouvelle ère, tout en garantissant les fondamentaux forts qui ont contribué à faire de cette marque, la plus prestigieuse dans l’univers des whiskies. « Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. » Cette formule de l’homme politique britannique, Sir Winston Churchill, sied si bien à The Macallan !
%202.jpg)
%202.jpg)

