Le Mont d’Or AOP, star des plateaux

c’est de saison Fabriqué dans le Haut-Doubs à plus de 700 mètres d’altitude, à partir de lait de vache de races Montbéliarde et Simmental, ce fromage dégusté chaud ou froid est un incontournable des tables de fête.
Article rédigé par
Stéphanie Bouvet

C’est quoi ?

L’origine de ce fromage de vache du Haut-Doubs au lait cru remonte au Moyen Âge. Il était alors élaboré par les vachers pour valoriser le lait d’hiver, d’où son autre nom de vacherin. Il se caractérise par son crémeux exceptionnel et par sa saveur boisée. Le secret de ce goût unique : l’épicéa. Dès le démoulage, le fromage est cerclé dans une lanière souple en épicéa, prélevée dans les forêts voisines par les artisans sangliers. Il est ensuite affiné en cave au minimum 21 jours sur des planches du même bois, avant d’être commercialisé dans des boîtes… en épicéa bien sûr !

La saison

S’il existe une saisonnalité pour de nombreux fromages, dans le cas du Mont d’Or, elle est inscrite dans le cahier des charges de l’AOP, obtenue en 1996. Fabriqué entre le 15 août et le 15 mars, il est commercialisé seulement du 10 septembre au 10 mai.

On le conserve comment ?

Il se garde au réfrigérateur. Il est conseillé de ne pas trop le laisser vieillir, sinon il va dégager une odeur d’ammoniaque typique de la fermentation. Si vous le consommez froid, sortez-le une heure avant la dégustation pour qu’il exprime tous ses arômes à température ambiante.

On le trouve où ?

Disponible partout en France, il est souvent plus homogène en GMS qu’à la crèmerie ou dans les magasins de coopératives, où il peut s’avérer plus typé (mais bien meilleur). Il existe différents formats, du baby Mont d’Or en boîte de 500 g au grand modèle de 3 kg, vendu à la coupe.

Comment le choisir ?

Le Mont d’Or étant présenté dans une boîte ouverte et filmée, le consommateur voit le produit. Lorsque que le dessus présente des plis en forme de S, ondulant comme les reliefs du Jura, c’est qu’il est bien affiné. Au travers du film micro-perforé, on doit sentir une odeur de sous-bois et de champignons.

François Brulport, Fromager à Ville-du-Pont, dans le Doubs
Votre métier ? La fromagerie des Jarrons est une petite coopérative née en 1966, qui produit entre 2 500 et 3 000 Mont d’Or chaque jour. Collecté pendant la nuit sur cinq communes, dans un rayon de 25 km, le lait est transformé dans la journée qui suit. Ce terroir donne son goût propre à nos fromages. Votre goût ? J’ai une préférence pour le Mont d’Or froid car je trouve que le faire chauffer dénature son goût boisé. Ça n’empêche pas de le servir avec des patates chaudes. Il se marie très bien avec la charcuterie et le vin du Jura. Votre astuce ? La qualité du lait, c’est la base pour obtenir un bon fromage. Ensuite, le brassage et l’emprésurage sont des étapes cruciales dans la préparation car elles apportent l’onctuosité. Après le moulage, on sangle à chaud, ce qui donne un goût d’épicéa plus prononcé.
Crédit photo :
Shutterstock, DR
Article paru dans le n°
13
du magazine.
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