
Parfois, les plus grandes inventions naissent d’un détail du quotidien. Il s’agit alors de laisser faire le hasard et de l’accompagner. Il a depuis toujours une importance primordiale dans le processus de découverte. Déjà, il y a plus de deux mille ans, Héraclite affirmait : « Quand on n’attend pas l’inattendu, on ne le découvre pas parce qu’on ne peut pas le trouver, il reste inaccessible. » Cette idée met en avant la nécessité d’être ouvert à l’imprévu pour accéder à de nouvelles connaissances ou expériences, l’inattendu demeurant hors de portée de ceux qui ne s’y préparent pas. Des siècles plus tard, Louis Pasteur exprimait une pensée similaire : « Le hasard ne favorise que les esprits préparés ». Cette citation rappelle que la chance ou l’aléa, loin d’être un simple coup du sort, profite surtout à ceux qui savent l’accueillir.
Ce fut le cas pour Greg Lambrecht, ingénieur américain diplômé du MIT (Massachusetts Institute of Technology) mais surtout passionné de vin, comme il nous le confie : « À la fin des années 1990, ma femme, enceinte, ne pouvait plus boire d’alcool. Je ne souhaitais pas ouvrir une belle bouteille de ma cave pour juste un verre. C’est dommage de gâcher un cru de Bourgogne ou de Bordeaux ainsi. Il fallait trouver un moyen de profiter d’un moment de plaisir sans pour autant gaspiller le reste. »
Avec sa formation scientifique, il passe ainsi de longs moments à réfléchir à un moyen de contourner l’obstacle. L’hypothèse est posée. S’appuyant sur son expérience dans le domaine des dispositifs médicaux, il conçoit une aiguille ultrafine. Cette aiguille, appelée « non-coring », sera et est toujours aujourd’hui au cœur du système Coravin. Car, contrairement à une aiguille traditionnelle qui enlève de la matière en perçant, celle-ci s’insère délicatement entre les fibres du liège sans les endommager. Le vin est extrait en douceur et est immédiatement remplacé par un gaz neutre, l’argon. Ce dernier prend naturellement la place du volume de vin prélevé. Invisible, inodore et inoffensif, il forme ainsi une barrière protectrice contre l’oxygène. Le nectar reste intact, comme si la bouteille n’avait jamais été ouverte.

Grâce à cette technologie, il est désormais possible de servir du vin sans jamais retirer le bouchon, préservant ainsi l’intégrité de la bouteille. Après plus de huit années de recherche, Greg Lambrecht lance enfin en 2013 le premier Coravin. Sans le savoir, il vient de changer durablement le mode de consommation des amateurs mais surtout des professionnels du vin. « Avec cette innovation, les passionnés peuvent déguster plusieurs châteaux et domaines de régions différentes au cours d’un même repas. Les restaurants et bars à vin osent désormais proposer plus de vins prestigieux au verre. Les cavistes font découvrir leurs trésors sans craindre le gaspillage. Un geste simple et une liberté nouvelle pour tous ces professionnels », détaille avec enthousiasme Greg Lambrecht.
Son invention est aujourd’hui présente dans les plus beaux établissements et restaurants étoilés. Il n’est plus rare de voir le sommelier s’approcher à table avec un Coravin pour servir un nectar autrefois inaccessible. Chaque capsule d’argon permet de servir jusqu’à 20 verres, à raison d’un service d’environ 30 secondes par verre. Un rituel précis, élégant et silencieux ! « Coravin est distribué dans plus de 60 pays, avec une forte présence en Europe, notamment en France, deuxième marché mondial. Il a été adopté par des milliers de sommeliers, cavistes et collectionneurs, le système a déjà permis de servir plus de 250 millions de verres de vin à travers le monde », explique fièrement son inventeur.
Au fil des années, la marque a évolué, apportant toujours plus d’innovation à son concept initial. Dernière amélioration notable : la technologie SmartClamps™, des pinces ergonomiques permettant d’installer l’appareil d’un simple geste. La manipulation devient alors intuitive, rapide, toujours élégante. Certains modèles, comme le Coravin Timeless+, intègrent un aérateur qui reproduit en quelques secondes l’effet d’une décantation de plus d’une heure. Le vin s’ouvre, s’arrondit, s’exprime. Le vin libère alors ses arômes les plus subtils, offrant une expérience de dégustation immédiate et raffinée, où chaque note se révèle avec une intensité et une fraîcheur remarquables.
Outre ces avancées sur les modèles classiques, la marque a également pensé aux bouteilles à capsule à vis, surtout présentes dans les pays anglo-saxons et ceux du nouveau monde. Grâce à des bouchons en silicone, ces bouteilles bénéficient elles aussi d’une conservation parfaite pendant plusieurs mois, prolongeant l’expérience de la dégustation sans compromis. N’est-ce pas le principal : prendre du plaisir avec le vin sans se poser la question de savoir si l’on va terminer le flacon ? En fait, boire moins mais mieux !

