L’artichaut

Guy Savoy (en couverture) en a fait un incontournable de sa carte, avec son ultra-gourmande soupe d’artichaut à la truffe noire. Ce légume-fleur est bien plus délicat qu’on ne le croit…
Article rédigé par
Bénédicte Le Guérinel

C’est quoi ?

Un légume-fleur de la famille des astéracées. La tête, dont on consomme le fond et la base des feuilles, est en fait le bouton avant floraison. Il en existe deux variétés principales : le petit violet de Provence et le globuleux, ce dernier se déclinant en trois sous-familles (le Camus, le Castel et le Cardinal). Son goût est doux, un peu comme celui de l’avocat, et légèrement sucré, avec une petite saveur de noisette. Il se mange ferme ou moelleux, selon le stade de cuisson.

La saison

On en trouve sur les étals à partir d’avril-mai pour les variétés du sud, et à partir de juin pour celles de Bretagne, jusqu’en octobre. Les artichauts de printemps sont issus de souches de trois ans d’âge.

On le trouve où ?

Les artichauts sont principalement produits en Bretagne Nord, du côté de Perpignan et en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les surfaces de récolte ont beaucoup diminué depuis quelques années, ce légume étant principalement acheté par les plus de 55 ans et plutôt boudé par les jeunes. Néanmoins, on en trouve à la vente un peu partout en France, en grande surface et sur les marchés.

Comment le choisir ?

On privilégie l’artichaut français de saison. Vert ou violet, il doit avoir un aspect dense et des feuilles serrées et bien fermées. Pressez-le pour vérifier sa fraîcheur. S’il grince, c’est qu’il est bien frais. Néanmoins, un artichaut légèrement avancé sera tout à fait apte à la consommation, avec un goût légèrement plus sucré.

On le conserve comment ?

À la cave ou dans un cellier, hors de la lumière et entouré d’un papier journal, il se conserve une dizaine de jours. Au frigo, on lui fait tremper la queue dans un verre d’eau ou bien on le place dans le bac à légumes après l’avoir entouré de papier absorbant humide.

Retrouvez la recette de la tapenade de coeurs d'artichaud.

Catherine Mingam, productrice Prince de Bretagne à Carantec, dans le Finistère Nord
Votre métier ? Je suis productrice depuis 1986. J’ai une ferme de 40 hectares sur laquelle je cultive notamment de l’artichaut. Le travail commence au printemps, quand il n’y a plus de gelées. On supprime tous les rejets de chaque souche d’artichaut pour ne conserver que le plus gros. Tous les huit jours, on bine mécaniquement. On n’utilise aucun désherbant. On récolte au couteau, à partir de juin, et au fur et à mesure en fonction du calibre des têtes. Puis on s’occupe du conditionnement, par colis de 12 à 15 têtes selon le calibre. C’est un métier entièrement manuel et très physique. Vos astuces ? J’aime beaucoup l’artichaut à la plancha, en tapas ou en accompagnement d’une viande ou d’un poisson. Après avoir cassé la tige, on coupe les feuilles pour garder le fond et on enlève le foin avec une cuillère. Puis on découpe le fond en lamelles que l’on cuit sur la plaque légèrement huilée, en les retournant régulièrement. Quand la pointe d’un couteau rentre facilement, c’est cuit, et c’est délicieux ! Votre devise ? Il faut soutenir ce légume atypique au bon goût de terroir afin qu’il ne tombe pas dans l’oubli.
Crédit photo :
Shutterstock, DR
Article paru dans le n°
10
du magazine.
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