La rhubarbe

La saveur acidulée de cette habituée du potager titille les papilles. Souvent dégustée en tartes et en compotes, elle gagne à être mise en valeur dans des recettes moins classiques
Article rédigé par
Stéphanie Bouvet

C’est quoi ?

Comme le sarrasin et l’oseille, cette plante vivace appartient à la famille des Polygonacées. Originaire d’Extrême-Orient, elle a d’abord été utilisée pour les vertus médicinales de son rhizome avant d’être introduite dans l’alimentation. Seules les tiges se consomment, ses feuilles sont toxiques. On l’apprécie dans des recettes où le sucre contrebalance son acidité. Elle s’associe bien avec la fraise, la framboise et la pomme. Pour des mariages plus originaux, cuisinez-la avec du porc, du canard ou du maquereau.

La saison

La rhubarbe fait son apparition sur les étals dès le mois de mai et elle y reste jusqu’en août. Elle est meilleure en début de saison, car plus la plante mûrit, plus elle devient acide. Une rhubarbe trop avancée peut aussi présenter des tiges creuses et filandreuses.

On la trouve où ?

Résistante au froid, mais gourmande en eau, la rhubarbe se plaît particulièrement dans le Nord et l’Est de la France. Exigeant peu d’entretien, elle est facile à cultiver au potager. Elle fait l’objet de nombreuses fêtes locales, notamment celle d’Houdemont, en Meurthe-et-Moselle, tous les 8 mai.

Comment la choisir ?

Il existe près de cinquante variétés. Elles se distinguent notamment par la couleur de leurs pétioles (tiges), qui va du vert au rouge vif. Ce n’est donc pas parce qu’un bâton est vert qu’il n’est pas mûr ! Au marché, choisissez-les fermes et cassants. Mous, ils sont trop vieux.

On la conserve comment ?

Pour garder des bâtons frais quelques jours, placez-les dans le bas du réfrigérateur, enroulés dans un linge. Si vous souhaitez les congeler, lavez-les, mais ne les épluchez pas. Une bonne astuce consiste à les saupoudrer de sucre avant la mise au froid. À la décongélation, sucre et jus se mélangeront pour une préparation facilitée.

Bon à savoir

Très riche en fibres, ce légume-tige est un allié précieux pour limiter l’absorption du cholestérol et améliorer le transit intestinal. Faible en calories, il aide à garder ou à retrouver la ligne, à condition de ne pas compenser son acidité par un excès de sucre ! Son intérêt réside aussi dans sa teneur élevée en vitamines et minéraux. Évitez de l’éplucher, il perdrait de nombreux bienfaits.

Sandrine Fouques, productrice à Sainte-Croix-sur-Mer, dans le Calvados
Votre métier ? En 2017, lorsque mon mari Luc a arrêté la production laitière, nous avons planté de la rhubarbe dans l’un des herbages. Nous en produisons 3 tonnes chaque année, que nous transformons sur place en pétillant, confitures, pâtisseries… Nous travaillons en famille, avec nos enfants. Votre goût ? J’aime la consommer dans des recettes sucrées-salées, comme une compotée de rhubarbe sur un foie gras ou en remplacement de l’oseille sur un poisson. J’apprécie les usages inhabituels, par exemple, en tisane. Votre astuce ? Nous cultivons des variétés rouges très juteuses. Pour savoir quand couper, on regarde la feuille. Si elle est flétrie, c’est signe que la plante pousse encore. Lorsqu’elle est bien étalée, c’est le moment de récolter. Les bonnes années, on arrive à faire trois coupes, la première étant la meilleure.
Crédit photo :
Shutterstock
Article paru dans le n°
14
du magazine.
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