
Damien Félix est installé sur les terres de Bramard, en Drôme provençale, au cœur du Parc naturel régional des Baronnies provençales, sur la commune de Sahune. Depuis le 1er janvier, son fils a rejoint l’exploitation familiale : la cinquième génération est désormais en place.
À l’origine, la ferme mêlait élevage, céréales, fourrages et oliviers. Dans les années 1960, le grand-père plante les premiers abricotiers. Puis, dans les années 1980, le père de Damien développe l’élevage ovin avant de faire face à la crise du marché liée à l’arrivée des agneaux néo-zélandais. L’exploitation bascule alors vers l’arboriculture.
Aujourd’hui, Damien Félix exploite 25 hectares entre cerises, abricots et olives de Nyons. Face au réchauffement climatique, il adapte ses pratiques : filets contre la grêle, récupération des eaux de pluie, irrigation au goutte-à-goutte et sols enherbés. « L’abricot a besoin d’heures de froid en hiver. Les anciennes variétés en demandaient beaucoup, cela devient compliqué aujourd’hui », explique-t-il.
Autrefois, deux variétés dominaient : l’Orangé de Provence et le Bergeron, avec une récolte concentrée sur trois à quatre semaines. Désormais, une dizaine de variétés permet d’étaler la cueillette du 10 juin à la fin juillet. L’exploitation est certifiée HVE et GLOBALG.A.P. pour les abricots.

L’abricot des Baronnies bénéficie d’une IGP obtenue après dix années de travail collectif. « Nous sommes aujourd’hui une cinquantaine de producteurs dans l’IGP », précise Damien Félix. Le cahier des charges impose un taux de sucre minimum, un temps limité de stockage au froid et une coloration soutenue avec une face légèrement « blushée ». La culture en coteaux, dans des conditions de semi-montagne, apporte une identité particulière aux fruits. Les écarts de température entre le jour et la nuit, l’humidité et les sols peu riches favorisent des abricots plus colorés, plus lumineux et particulièrement aromatiques.
L’exploitation accueille les visiteurs toute l’année avec une vente directe au hangar et un espace pour les camping-cars. Chaque saison, près de quinze tonnes d’abricots sont vendues sur place. Les fruits écartés du tri « haut de gamme » sont vendus pour la confiture ou transformés en nectar d’abricot afin de valoriser toute la récolte.
Philippe Bruneton, Meilleur Confiturier de France, se fournit ici en abricots. Il apprécie particulièrement l’Orangered, un abricot peu acide, équilibré entre sucre et fraîcheur, à la coloration soutenue et au calibre généreux.

